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Locked-out syndrom

Vous le savez, le Canada est la patrie du hockey. On le vit. On parle de hockey, on y joue, on porte haut les couleurs de son équipe, on y inscrit ses enfants très jeunes, on assiste aux matchs dans les arénas, on les regarde à la télé… Une religion avec des millions de fidèles pratiquants.

Mais depuis la fin de l’été, le Canada est en deuil. Car depuis la fin de l’été, la LNH (ligue nationale de hockey) est en lock-out. Pour ceux qui ne le savent pas, le lock-out est l’équivalent de la grève, sauf qu’ici ce ne sont pas les employés qui arrêtent le travail, ce sont les employeurs. En jeu, le renouvellement de la convention collective (et oui, les joueurs multi-millionnaires sont des travailleurs comme les autres…).

Le déclenchement du lock-out n’a pas tout de suite eu d’effets sur le calendrier de la saison de hockey, mais à mesure que les négociations traînent, les matchs sont annulés les uns après les autres.

Nous voilà fin novembre, dans la 11e semaine du conflit et les tractations sont toujours molles. Dès qu’une proposition est faite par l’AJLNH (association des joueurs de la ligue nationale de hockey), elle est rejetée par les propriétaires des équipes. On rame, on rame. Tout ça pour une histoire de gros (gros) sous -on parle de centaines de millions de dollars.

En attendant ce sont les fans qui trinquent et s’impatientent. Deux options s’offrent à eux, assister à des matchs de la ligue junior majeure (cf. mon article sur les Remparts de Québec), ou à ceux de l’équivalent de la ligue 2 de hockey ; ou bien regarder de vieux matchs mythiques rediffusés à la télé (avec des commentaires actuels sur de vieilles images -cela crée des situations plutôt inédites, comme un présentateur d’une trentaine d’année qui décrit l’action d’une partie qui a eu lieu lorsqu’il avait douze ans !)

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A la messe.

Si le hockey est une religion au Canada, j’ai été à la messe le week-end dernier.

Des baisers mouillés et des poings rageurs, je vous raconte ça bientôt !

Il vous faut savoir qu’à Québec, il n’y a plus d’équipe de hockey faisant partie de la LNH (ligue nationale de hockey). Si on veut voir des grands gaillards se battre, il faut soutenir le Canadien de Montréal. Les seuls matchs auxquels on peut assister dans la Capitale nationale sont donc ceux des équipes junior, qui évoluent dans la LHJMQ (ligue de hockey junior majeur du Québec). Généralement, le spectacle est donc moins impressionnant. Mais la catégorie junior, c’est aussi la première en terme d’âge pour laquelle le règlement autorise la bagarre sur le terrain. Ce n’est pas toujours bouillant, mais la chance a, paraît-il, était de notre côté ce soir-là puisque les dix loulous sur la glace (cinq dans chaque équipe) avaient l’air plutôt….remontés et enclins à se tâter du poing.

Petite remise en contexte, il s’agissait d’un match des Remparts de Québec contre les Wildcats de Moncton (ville du Nouveau-Brunswick, la province d’à côté). Les Wildcats ont fait une saison piteuse, Québec avait donc toutes les chances de l’emporter facilement.

On m’avait raconté que les arbitres laissaient les joueurs se battre sans intervenir et j’avais du mal à y croire. J’étais donc venue vérifier (en plus de prendre le pouls d’un soir de match). Au début, tous les accrochages entre joueurs étaient réprimés, et bien que je n’aime pas la violence gratuite, je dois dire que j’étais un peu frustrée. M’aurait-on menti ?

Pourtant, à mesure que la période de jeu s’écoulait, on a senti les joueurs se coller de plus en plus, ça s’envoyait valser et ça chauffait contre les vitres en Plexiglas toutes les deux minutes, et, ce qui devait arriver arriva : une bagarre ! Une vraie de vraie, sans les gants. C’est le signal. Les combats sont interdits entre joueurs tant que ceux-si sont gantés. Dès qu’ils s’en séparent, c’est parti ! Pour que vous imaginiez un peu la scène, le jeu s’arrête, les autres joueurs quittent le terrain, les trois arbitres viennent entourer les deux aspirants combattants, et go ! Selon la technique des gugusses c’est un spectacle de plus ou moins bonne qualité, mais c’est à se demander si on regarde toujours du hockey. Ai-je besoin de préciser que tout le monde trouve ça normal ?

Lorsque le casque d’un des deux tombe, ou que les coups commencent à pleuvoir un peu trop, là seulement les arbitres interviennent. Ils donnent l’impression de sortir d’un coup d’une sorte de torpeur, du genre « oula mais c’est interdit ce que vous faites les p’tits gars-là, allez allez on arrête ! ». Sauf qu’à la deuxième bagarre du match Remparts/Wildcats, les apprentis catcheurs n’avaient pas envie de se séparer. Les arbitres ont dû donner du leur pour stopper la bagarre, et on avait sur la glace un joli tas humain formé des deux joueurs et des trois arbitres par-dessus.

Le moment suivant est complètement irréel. Les arbitres punissent les joueurs et les accompagnent sur le banc de touche en les tenant par le dos du maillot, comme des petits enfants qui auraient fait une bêtise (qu’on leur aurait laissé faire).

Je ne vais pas vous raconter la partie, puisque même un petit québécois de 6 ans vous en parlerait mieux que moi, mais j’ai décidé de vous relater les autres moments qui m’ont marqué.

Parmi eux, le baiser ! Lors de la deuxième mi-temps, la kiss-cam est activée. La kiss-cam, quésako ? Des caméramans se promènent dans le public du Colisée Pepsi (un jour je vous parlerai des édifices qui portent tous des noms de marque) et sélectionnent au hasard des couples. Leurs trombines s’affichent alors sur l’écran central et ils sont censés s’embrasser. Le baiser le plus langoureux/chaud/original gagne, généralement avec l’approbation bruyante du reste des spectateurs. Le but ici étant de remporter une place pour le tirage au sort d’un voyage à la fin de la saison de hockey.

Timides les Québécois ? Pantoute ! On voit que l’initiative du baiser vient généralement de la fille, et certaines ont vraiment très envie de gagner le voyage ! Ca galoche donc pas mal et c’est plutôt rigolo.

Mais il y a aussi eu le moment gênant où se sont affichés à l’écran deux petits jeunots, visiblement pas en couple, que les huées de la foule ont forcé à s’embrasser timidement. Avec mes copines on s’est mises à penser « et si t’es avec ton frère, comment tu fais ? ». En tout cas, ce n’est peut-être pas l’endroit idéal pour inviter sa maîtresse en toute discrétion.

Les deux mi-temps sont ainsi ponctuées de tirages au sort divers, pour qu’une rangée du public gagne des pizzas, qu’untel qui a le numéro XX reparte avec des bons de réduction…

Autre fait marquant : l’absence totale de fair play ou de respect pour l’équipe adverse. Je n’ai jamais assisté à un match de foot en France, mais il me semble qu’on ne pourrit pas à tout prix les visiteurs sous prétexte que l’on est maître sur son terrain. Au Colisée Pepsi, chaque sortie de terrain de l’équipe « ennemie » a été soulignée à grand renfort de jingle type « Mario Bross accède au niveau suivant » et une voix bleuglant « avantage numériiiiiiiiiique » résonnait automatiquement, sous les hourras de la foule. « T’as vu, on vous écrase, on est les meilleurs ! » Dans le même ordre d’idée, j’ai trouvé presque impoli que les joueurs locaux fassent leur entrée sur un tapis rouge, au milieu d’une haie d’honneur composée de mini hockeyeurs, avec mascotte (passablement cocaïnée toute la soirée, il faut le dire) pour les accueillir et leur en taper cinq ; alors que dans le même temps les pauvres petits Wildcats faisaient leur entrée en catimini, presque en s’excusant d’être là. Différence de traitement plus que manifeste.

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