Archives de Catégorie: Parlez-vous français ?

Chuck Norris sait où il est

Au Québec, pour apprendre les conjonctions de coordination, on n’utilise pas la même phrase mnémotechnique que chez nous. Le traditionnel « Mais où est donc Ornicar ? » est remplacé par le surprenant (du point de vue français) « Mais où est donc Carnior ? ». Un même personnage énigmatique que l’on s’évertue à chercher sans jamais le trouver, et qui a changé de nom à la douane canadienne… Il a sûrement quelque chose à cacher.

Quoi ? Ornicar est un ornithorynque ?!

Tagué

Mâcher ses mots ?

Je continue doucement de vous initier à la langue québécoise. Aujourd’hui, la gomme. Encore un fois les Québécois s’attachent à une traduction fidèle de l’anglais. Si on vous propose une gomme, c’est peut-être que avez mauvaise haleine, ou juste amicalement, mais pas forcément que vous avez fait une faute. Même si le mot gomme à effacer est utilisé, la plupart du temps on vous prêtera une efface. Et on la rangera non pas dans une trousse, mais dans un étui à crayon ou mieux, un coffre à crayon. (Oui parce que la trousse, ici, c’est pour les premiers soins, forcément.)

Petite leçon de séduction à la québécoise.

Ici on cruise (drague), et si après avoir séduit quelqu’un on le ramène à la maison, c’est qu’on a pogné. Plus généralement, on dit d’une personne séduisante qu’elle pognera plus qu’une autre. Et puis après on fourre (je ne pense pas avoir besoin de traduire).

Le verbe pogner n’est pas réservé au domaine de la drague, il signifie aussi tout simplement prendre ou attraper. Ex : pogner un rhume.

Histoires de bouches

En cette période de « l’Halloween », particulièrement fêté ici, je voulais partager avec vous une nouvelle petite bizarrerie linguisitique. Sachez qu’ici on vend des suçons au kilo et on cache les sucettes à l’abri des regards. On distribue des suçons aux enfants déguisés et on peut dissimuler les sucettes avec du fond de teint ou une écharpe.

Bref, vous l’aurez compris, la sucette est l’ecchymose résultant d’un bisou-aspiration donné par un amoureux transi et le suçon est la friandise bâtonnée que l’on prend plaisir à sucer.

On évitera donc de demander à une gang (un groupe) de garçons de nous donner des sucettes… Et on n’aura pas de problème moral quand un enfant nous dira que le voisin d’à-côté lui a donné un suçon.

D’où vient cet échange de sens ? Je n’ai pas trouvé.

Décoration à l’épicerie.

Cupcakes d’Halloween, toujours à l’épicerie.

Tagué

Le petit Robert

J’ai pris du retard dans votre initiation à la langue de nos chers cousins.

Aujourd’hui, que veulent dire choker et piton ?

CHOKER veut dire poser un lapin et un PITON n’est évidemment pas un serpent mal orthographié, mais un bouton, une touche. Pour changer de chaîne, on peut donc presser (ou peser sur) le piton de la télécommande.

Une invitation bien sympathique dans les tunnels.

C’est bien compris ?

Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire à votre avis ?

Marie et Mathilde se rapprochent, il y a l’idée de ne pas rester sur place. Mais à faire quoi ? Fumer, s’embrasser et uriner, c’est non. Cécile a trouvé, c’est MENDIER.

ERRATUM : Malgré ce qu’on m’avait dit et ce que j’avais trouvé sur internet, Marie-Claude, professeur de québécois vigilante, m’assure que ça ne veut pas dire mendier mais juste traîner sans but. Je fais donc mon mea-culpa à la langue québécoise, mais ça me permet de rebondir sur un point : au Canada, il est interdit de mendier dans la rue, et ça, c’est la loi qui me l’a dit.

Ferme les yeux

ou le Croque-Mitaine viendra te chercher !

Cette semaine, je me suis trouvée une professeure particulière de prononciation québécoise en la personne de Marie-Claude, une de mes camarades de l’Exemplaire. Mais après avoir tenté de répéter trente fois le mot « chaise » à leur façon, j’ai dû me rendre à l’évidence : je suis plutôt mauvaise élève. Je ne jette pas l’éponge néanmoins. Un jour je pourrais dire tout naturellement « pis toé là, assis-toi su’a chaise », je m’en fais la promesse !

Il faut savoir que si pour nous autres Français, c’est marrant d’imiter l’accent québécois, c’est au moins aussi drôle pour eux de parler « à la française ». Désolé les garçons, mais certains clichés ont la vie dure. Il paraîtrait que vous sonnez plutôt gays (on est d’accord que tous les homosexuels ne parlent pas de façon efféminée, mais ne polémiquons pas, vous comprenez l’idée). Du coup, quand ils imitent notre accent, les Québécois parlent assez aigu et du « début de la bouche » (eux ont tendance à chercher leurs sons plus dans la gorge). Leur formule ultime pour nous imiter ? « Du coup ». C’est une locution qu’ils n’utilisent pas du tout, mais le fait qu’ils la soulignent me (nous) fait prendre conscience qu’on l’emploie énormément ! Le plus tordant, c’est de les voir faire. Ils contractent la mâchoire d’une façon particulière et ils sont tout concentrés, comme bloqués. J’adore !

Pourquoi je parlais du Croque-Mitaine en début d’article ? Parce que j’ai appris qu’ici, la créature qui vient chercher les enfants qui veillent tard, est appelé « Bonhomme sept-heures ». La légende est un peu différente au Québec puisque le vagabond maléfique viendrait enlever les enfants qui jouent dehors après 19 heures. Par contre, peu importe le pays, la fin est la même : on ne revoit jamais les enfants. Tous les parents ont donc le même but, effrayer leur progéniture !

Photo : Caisses populaires acadiennes

Je connaissais déjà « boogey-man » en anglais, « coco » ou « el hombre del saco » en espagnol, voilà qui vient compléter ma collection. Si vous connaissez la légende dans d’autres langues, je suis preneuse.

Petit topo étymologique. Le terme de « bonhomme sept-heures » viendrait de la déformation de bone setter prononcé à la française. Le bone setter était le rebouteux, qu’ici on nomme ramancheur, c’est-à-dire l’homme qui remettait les os et les articulations démises en place. Lorsque dans une famille on faisait venir le « bone setter », souvent la personne traitée gémissait, grinçait des dents ou criait de douleur, ce qui faisait très peur aux enfants présents. Plus tard lorsque ceux-ci ne voulaient pas obéir, on les menaçait du « bone setter ». Merci Wikipédia et merci Marie-Claude !

Comme je le disais justement à la demoiselle, c’est ça que j’apprécie dans le fait de ne pas (trop) être une touriste ici. Je peux apprendre des choses plutôt inattendues, des éléments culturels que je n’aurai trouvé dans aucun guide. Et c’est ça que je cherchais.

Tagué ,

Yellow Submarine

Comme on me l’a fait remarquer, je ne poste pas beaucoup de texte. Je tenterai de faire quelque chose de long ce week-end, mais je tenais juste à rappeler que je ne suis pas en vacances ici et que j’ai plein plein de boulot. Moi aussi je préférerai vous parler des écureuils qui traversent le campus, du vent qui sculpte la neige en la poussant contre les vitres, des nouvelles expressions que j’apprends chaque jour, des émissions de télé qui sont, pour beaucoup, des concepts français ou bien du Super Bowl qui se prépare. Ca viendra.

Nouveau petit quizz pour patienter. Qu’est-ce qu’un sous-marin ? Et que veut dire l’adjectif écoeurant ?

Un sous-marin, c’est un long sandwich baguette. Ecoeurant, ça veut dire le contraire de chez nous, donc c’est très bon. Un prof a commenté notre travail en cours en disant que nos articles étaient écoeurants, et c’est plutôt bon signe !

Pellicule

Grâce, ou à cause, de la loi 101 de 1977, qui est la charte de la langue française, l’usage exclusif du français dans l’affichage public et la publicité commerciale est imposé au Québec. Absolument tous les titres de films sont donc traduits, et c’est parfois plutôt moche.

Je vous propose donc un nouveau petit jeu, retrouver le titre sous lequel le film est sorti en France.

Cet article sera mis à jour en fonction de mes trouvailles. Certains sont très faciles, mais vous constaterez peut-être, vous aussi, que la traduction rompt le charme.

  • Un de mes préférés pour le moment : Danse Lascive (Dirty Dancing)
  • Amis modernes (Friends with Benefits, mais j’acceptais aussi Sex Friends)
  • Origine (Inception)
  • Coup interdit (Sucker Punch)
  • Lendemain de veille (Very Bad Trip)
  • Histoire de jouets (Toy Story)
  • Sang froid (Drive)
  • Film de peur (Scary Movie)
  • Mon fantôme d’amour (Ghost)
  • Décadence (Saw)
  • Fiction pulpeuse (Pulp Fiction)
  • Rock’n’Nonne (celui-ci est énorme !) (Sister Act)
  • Celui-là ne donne pas envie de le voir : Le Pouilleux Millionnaire
  • La Blonde de mon père
  • Ferrovipathes
  • Tuer Bill
  • Bételgeuse
  • Poulets en fuite
  • Folies de graduation
  • Génération X-trême (c’est horrible d’avoir traduit ça comme ça)
  • Marche ou crève

Dans la catégorie séries :

  • Beautés désespérées
  • Dre Grey, leçons d’anatomie

Note : je n’ai pas dit que ça devait nécessairement être compliqué, c’est avant tout un panorama de ce que je découvre.

A vos méninges !
Tagué

Amen

S’il est une chose dont on se rend très vite compte, c’est qu’ici, on jure sur la croix. D’ailleurs les jurons s’appellent les sacres. Pour ceux qui ne le savent pas, le tabernacle est un terme religieux. C’est le meuble qui abrite le vase contenant les hosties. En fait, notre bon vieux cliché français en prend un coup. Certes, on entend dans les conversations des tabarnak (la vraie prononciation), mais le mot qui revient TOUTE la journée, c’est calice. Le calice est le vase dans lequel on consacre le vin pour qu’il devienne le sang du Christ. Il sort à toutes les sauces, et la prononciation ressemble plutôt à quelque chose comme kaulice (dur dur de retranscrire les sons). Vient ensuite ostie, dérivé d’hostie, et qui s’accompagne pas mal de marde (le merde d’ici). Cela donne donc « ostie de marde », ou, comme entendu ce matin « ostie, on fout la maaaarrrde ». Enfin il y a crisse, dérivé de Christ, qui peut aussi devenir un verbe, « je m’en crisse » (je m’en fous), « décrisse d’ici » (dégage), ou un adverbe « c’est crissement bon », voire à peu près tout selon les besoins.

Remarque : pour nous c’est bizarre, mais ça équivaut bien notre « putain », voire « putain de merde » ou même « poutain la vache » que Flavio (étudiant brésilien dans ma promo l’an dernier) avait vite adopté.

Dernier sacre que j’ai entendu : ciboire. Si vous avez suivi le concept, c’est, là encore, un terme religieux (un peu synonyme de calice).

Tagué

Une langue, des mots.

Premier article de ma série quizz « Parlez-vous français ? »(oui, j’ai décidé de vous faire jouer). Je vous demande de ne pas tricher avec Google. Je vais vous soumette un mot ou une expression entendue ici (source majoritaire, Jean-Seb et ses amis), à vous de m’en donner la signification, par commentaire, sur facebook… Je vous mettrais la réponse pas trop longtemps après.

On commence par les bobettes. Je peux vous donner le contexte dans lequel j’ai entendu ce mot, mais ça ne va pas vous aider du tout : c’était en regardant le premier prime-time de la Star Académie (et oui, ici on l’écrit -ie, français correct oblige). Plus précisément, lors du portrait de l’un des candidats.

Etonnez-moi !

note pour Céline : je ne peux pas vous mettre de phrase exacte, parce que le mot n’a pas été prononcé. Je vous donne un indice : le ou la candidat(e) a fait de la pub pour ces choses.

Indice : quelqu’un m’a donné une réponse qui s’en rapproche. Ca se porte.

La réponse, en photo ! © mesbobettes.ca

Tagué , ,