Archives de Catégorie: L’actu alitée

Itinéraire bis

Si vous aimez bien me lire, ou si vous voulez juste avoir des impressions sur le Festival d’été de Québec, vous pouvez aller voir par-là (site pensé-conçu-alimenté par des ex-lannionnais, ça ne peut être que bon) :

– La Déviation –

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Locked-out syndrom

Vous le savez, le Canada est la patrie du hockey. On le vit. On parle de hockey, on y joue, on porte haut les couleurs de son équipe, on y inscrit ses enfants très jeunes, on assiste aux matchs dans les arénas, on les regarde à la télé… Une religion avec des millions de fidèles pratiquants.

Mais depuis la fin de l’été, le Canada est en deuil. Car depuis la fin de l’été, la LNH (ligue nationale de hockey) est en lock-out. Pour ceux qui ne le savent pas, le lock-out est l’équivalent de la grève, sauf qu’ici ce ne sont pas les employés qui arrêtent le travail, ce sont les employeurs. En jeu, le renouvellement de la convention collective (et oui, les joueurs multi-millionnaires sont des travailleurs comme les autres…).

Le déclenchement du lock-out n’a pas tout de suite eu d’effets sur le calendrier de la saison de hockey, mais à mesure que les négociations traînent, les matchs sont annulés les uns après les autres.

Nous voilà fin novembre, dans la 11e semaine du conflit et les tractations sont toujours molles. Dès qu’une proposition est faite par l’AJLNH (association des joueurs de la ligue nationale de hockey), elle est rejetée par les propriétaires des équipes. On rame, on rame. Tout ça pour une histoire de gros (gros) sous -on parle de centaines de millions de dollars.

En attendant ce sont les fans qui trinquent et s’impatientent. Deux options s’offrent à eux, assister à des matchs de la ligue junior majeure (cf. mon article sur les Remparts de Québec), ou à ceux de l’équivalent de la ligue 2 de hockey ; ou bien regarder de vieux matchs mythiques rediffusés à la télé (avec des commentaires actuels sur de vieilles images -cela crée des situations plutôt inédites, comme un présentateur d’une trentaine d’année qui décrit l’action d’une partie qui a eu lieu lorsqu’il avait douze ans !)

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C’est la luuuuuutte

Petits extraits de la manifestation du vendredi 22 juin, devant le Parlement de Québec. J’y ai fait des photos pour mon stage. Il faisait chaud, chaud, chaud et j’ai perdu mon collègue au bout de deux minutes. Tant pis !

C’était une manifestation qui regroupait autant d’étudiants que de retraités, de travailleurs, de familles. Les droits de scolarité ne sont plus le seul enjeu depuis un moment déjà. C’est une fronde anti-gouvernementale, anti loi 78, mais aussi pro-environnementale.

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BIM BAM

Plusieurs d’entre vous m’ont demandé des nouvelles de la grève étudiante :
aujourd’hui, et après 14 semaines de grève, la ministre de l’Education, Line Beauchamp vient de démissionner. En blâmant au passage les représentants des associations étudiantes qui, selon elle, ne sont prêts à aucun compromis.

 

 

 

 

 

 

Et un petit résumé de ce qu’il se passe depuis tout ce temps.

Je reviens vite vous parler de la loi spéciale qui vient d’être votée et qui est scandaleuse (interdiction du port du carré rouge, surveillance de Twitter pour empêcher les appels à la manifestation, interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes…)

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Elle vit sa vie par procuration…

…surtout pendant les élections !

Dimanche je me suis réveillée en sachant que ma voix avait compté. Bizarre cette sensation de n’avoir rien fait, et de savoir pourtant que mon vote était réel.

Je réalise ce plaidoyer pour le vote, pour l’effort électoral, un peu tardivement, mais j’espère que si vous me lisez et que vous avez prévu de fuir la France sous peu (je vous le souhaite), vous penserez à ce bout de papier. La procuration c’est juste le papier le plus facile que j’ai eu à obtenir parmi les dédales administratifs avant mon départ. Un quart d’heure au commissariat de police, quelques blagues sur le tunning dans le Nord de la France avec des agents, et le tour était joué. En plus, on peut choisir pour combien de temps on délègue son pouvoir à une personne de confiance : pour le premier tour, pour les deux, pour un nombre défini de scrutins ou une année complète. Bref, pas d’excuse.

Merci maman pour avoir rallongé mon bras de plus de 5000 kilomètres !

DANS LES FAITS : On compte 7700 personnes inscrites sur les listes électorales du consulat à Québec, et 44 000 à Montréal. Hollande est arrivé en tête à 32% contre 28% pour Sarkozy. Pas sûr que Cheminade ait eu beaucoup de succès. Sans surprise, de l’autre côté de la frontière, aux Etats-Unis, Sarkozy a atteint près de 40%…

On lâche rien pour le deuxième tour !

Tarte ta gueule pour le cancer

Il y a des affiches comme ça qui font rêver et qui déplacent des foules. Real/Barca, OM/PSG (je peux bien faire un peu d’humour dans ce blog), ou même Hamilton/Button (F1).

Mais si je vous dis Justin Trudeau et Patrick Brazeau, là tout de suite ça vous évoque moins de choses. C’est pourtant l’affiche sportive qui a attiré du monde devant la télé au Canada ce samedi. Dans le cadre de l’évènement « Fight for the Cure », combat de boxe organisé au profit de la Fondation du cancer de la région d’Ottawa, ces deux politiciens ont mouillé le maillot (ou plutôt saigné du nez dans notre cas) pour lever des fonds.

Sur le ring, un député libéral contre un sénateur conservateur. L’un fils d’un ancien premier ministre canadien (Pierre Elliott Trudeau), 40 ans, beau gosse, tignasse bouclée savamment étudiée, l’autre fan de karaté (oui je sais rien à voir), 37 ans, crinière de poney et petites boucles d’oreilles. Seul point commun, un tatouage sur le biceps gauche.

La politique canadienne ? Un poil plus musclée que la nôtre.

A l’annonce du combat, tout le monde s’était empressé de railler la différence de physionomie des deux bonhommes et beaucoup pensait que Trudeau allait se faire démollir, et pourtant… Il semblerait qu’un peu de technique et d’entraînement soit plus efficace que des gros biscottos. Trois rounds, dans les règles de l’art, avec un arrêt final décrété par l’arbitre. Il aura suffit de quelques crochets bien placés pour que le libéral l’emporte, non sans un petit coup dans les dents de la politique conservatrice fédérale.

Chris Wattie/Reuters

Les deux boxeurs d’un soir s’étaient mutuellement lancé des défis sur Twitter au début du mois et s’étaient entendus pour que le perdant se fasse raser les cheveux et porte un maillot aux couleurs de la formation politique du vainqueur pendant une semaine.

J’essaye d’imaginer ça en France et bizarrement j’ai du mal. Je ne peux pas m’empêcher de mettre Montebourg à la place de Trudeau, mais en face, Raffarin ? Un peu inégal en terme d’âge. Ca marcherait mieux avec Chantal Jouanno, ex-ministre karateka, désormais sénatrice de Paris.

En tout cas, l’initiative est plutôt originale et, s’il y en a qui trouve ça stupide, je pense qu’elle a le mérite de dépoussiérer un peu l’image de la politique. Surtout elle a rapporté beaucoup pour la lutte contre le cancer : 780 places dans la salle, vendue entre 250 et 300 dollars, ça fait une jolie somme. Je vis vraiment dans un drôle de pays.

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J’aime !

Crédit photo : mcpene, Instagram

Cette image m’a fait sourire. Elle a été prise hier jeudi lors de la manifestation qui s’est déroulée à Montréal, toujours contre la hausse des droits de scolarité (sujet incontournable du moment). Je pense que vous en avez entendu parler, puisque même en Argentine et en Allemagne on a pu voir que ça avait été relayé. Les journaux ne sont pas d’accord sur les chiffres, La Presse titre 100 000 personnes dans la rue, alors que pour Le Devoir c’est 200 000… Il y avait  en tout cas un beau paquet de monde, mais tout s’est déroulé dans le calme.

Petite note météorologique : manifestation du 1er mars, environ-15°C à Québec, manifestation du 22 mars, 22°C à Montréal. Le ton monte, la température aussi !

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Carré rouge/Carton rouge

Photo : Catherine Desroches-Lapointe

Je voulais vous parler de mon week-end touristico-touristique, avec mon tout premier match de hockey et les chutes Montmorency, mais j’ai envie de parler un peu d’actualité. Je ne l’ai pas fait pour le moment parce que j’ai d’abord été dans une période de rodage, du type « qui sont ces messieurs-dames à la télé ? », et puis une fois que j’ai commencé à comprendre à peu près les compétences politiques provinciales et nationales, les enjeux importants dans le pays et tout le tralala, je me suis demandée ce qui vous intéresserait (toujours cherche à intéresser son lecteur) et ça ne tombait pas forcément sous le sens. Je n’ai donc pas osé vous inonder de nouvelles, mais là, c’est important.

Je ne sais pas si l’information a traversé l’Atlantique pour venir résonner jusqu’à vos petites oreilles, mais ici, c’est la grève. Pour vous expliquer en quelques lignes, les étudiants québécois en grève se battent contre la hausse des droits de scolarité annoncée par le gouvernement Charest et prévue à l’automne prochain. La hausse, de 1625 dollars, va être répartie sur cinq ans.

Au coeur du débat sur la hausse des droits de scolarité, l’argument principal du gouvernement (les universités québécoises sont les moins chères du pays) s’oppose à celui des étudiants (si les droits augmentent, ce sont 7000 étudiants de moins dans les universités de la province, faute de pouvoir payer). Il faut déjà voir que beaucoup d’étudiants travaillent en dehors de leurs études (énormément comparé à la France) et que les bourses sont moins accessibles. Plus d’argent à débourser à chaque session, c’est logiquement plus d’heures de travail à réaliser chaque semaine.

Les étudiants rétorquent aussi que, certes, étudier à Québec coûte moins cher qu’en Colombie-Britannique ou en Ontario, mais qu’à plus grande échelle, des pays ont choisi la gratuité scolaire, ou d’autres, comme la France, ont un système boursier conséquent et des droits d’inscription universitaire faibles. Les systèmes universitaires français et québécois sont donc beaucoup comparés en ce moment dans la presse. Quand je leur dis qu’en étant boursière je paye 4,57 euros mon année à l’IUT, forcément ça les laisse plutôt rêveurs.

Au début je ne savais pas trop quoi penser de cette grève, je trouvais ça mou et plutôt invisible. La grève à la québécoise n’a pas grand chose à voir avec la grève tricolore. Je m’attendais à des blocages de la part des grévistes, ou à un minimum de grogne sur le campus, mais rien. Je lisais les communiqués des associations de départements ou de facultés qui annonçaient leur entrée en grève les unes après les autres, mais j’avais l’impression que rien ne se passait concrètement finalement. Ca c’était jusqu’à il y a une quinzaine de jours. Les grosses manifestations ont depuis vraiment commencé.

Jeudi 1er mars a eu lieu un gros rassemblement étudiant dans le centre de Québec, ils étaient entre 4000 et 5000 (ils étaient attendus plus nombreux mais il faisait vraiment très froid). Tout s’est très bien déroulé dans la première partie de la marche, et puis, à l’arrivée devant le Parlement, les gaz lacrymogènes ont fait irruption. Même des journalistes les ont subi. Je vous raconte ça d’après ce que j’ai vu à la télé et d’après ce que mes collègues de L’Exemplaire qui étaient présents sur place m’ont raconté.

Les rangs grossissent. Près de 130 000 grévistes sont à ce jour déclarés dans la province. Il est facile de les reconnaître ; ils arborent des petits carrés de feutrine rouge accrochés avec des épingles à nourrice. Autant dire que ces derniers temps, le rouge pullule sur les vêtements.

Pendant ce temps, la ministre québécoise de l’Education, Line Beauchamp, campe sur ses positions : « les étudiants doivent faire leur part ». Les étudiants ne se sentent pas écoutés, et le gouvernement donne effectivement l’impression de faire la sourde oreille.

Aujourd’hui mercredi a eu lieu une nouvelle manifestation, à Montréal cette fois-ci. Avec plus de violences. Un étudiant  a été gravement blessé à l’oeil lors des confrontations entre forces de police et manifestants cet après-midi. Il a été touché par un tir de flashball à bout portant. Nous avions eu le même cas en 2007 en France, et là-aussi, il y a des risques qu’il perde l’usage de son oeil.

Bref, ça bouge de plus en plus, et surtout de plus en plus fort. Mais on ne peut que déplorer de telles conséquences. Le mouvement #bloquonslahausse continue…

Line Beauchamp dans la foule. Photo : Catherine Desroches-Lapointe.

Devant le Parlement, jeudi 1er mars. Photo : Catherine Desroches-Lapointe

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R.I.P.

Un journal, c’est de l’actualité, mais c’est aussi parfois une rubrique nécrologique.

Quand une personne meurt au Québec, elle a la (mal)chance de voir sa tête affichée dans le journal. Du moins dans Le Soleil et dans Le Journal de Québec. Inexplicablement, on dirait que la photo publiée est toujours la pire qui ait été prise de son vivant. Du coup, ces pages supposées tristes sont juste un gros régal pour moi. Entre les personnes qui ont une partie du visage tordue (cf. photo), celles qui ont l’air d’avoir été surprises par la photo (bouche ouverte), celles qui sont surnaturelles à cause du détourage et du fond flouté, c’est chaque jour un vrai festival. Mais il y en a aussi de très professionnelles, qui ont l’air d’avoir été réalisées dans ce seul but, ce qui est, dans le fond, plutôt glauque.

Sinon, quand une femme meurt, on écrit « dame Machin ». Terme peu usité en France, mais qui donne un côté moyenâgeux que j’adore.

Repose en paix dame Germaine.

Pardon pour la qualité, pris de mon iPod.

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Petit écran

En France, nous avons le Petit Journal de Yann Barthès sur Canal+. Au Québec, il y a Infoman, sur Radio-Canada ! Ici, c’est un programme hebdomadaire, diffusé le jeudi de 19h30 à 20h, et qui existe depuis 10 ans. L’émission est présentée par le charismatique Jean-René Dufort.

Infoman tacle surtout les politiques, mais moins les vrais gens, comme on peut le voir sur Canal. Avec beaucoup d’humour, les discours y sont décryptés, les sites internet des élus analysés, l’argent dépensé pour des installations officielles critiqué… Bref, il y a pas mal de similitudes entre les deux programmes.

Comme pour l’équipe du Petit Journal de Canal, la question de savoir si Jean-René est un journaliste s’est posée (et là je vous recopie Wikipédia, honte sur moi). Jean-René Dufort a été la cible de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), qui l’accuse d’être surtout un fantaisiste prétendant être journaliste, même s’il a déterré plusieurs scoops mémorables. La FPJQ a refusé en 1999 qu’il devienne membre de la fédération, s’appuyant sur la définition que donne le producteur lui-même de son émission : une émission d’humour et non d’information. Jean-René Dufort et son émission Infoman sont tout de même fort respectés dans la communauté journalistique et reconnu pour la grande rigueur des faits qui y sont présentés.

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