Archives Mensuelles: novembre 2012

Chuck Norris sait où il est

Au Québec, pour apprendre les conjonctions de coordination, on n’utilise pas la même phrase mnémotechnique que chez nous. Le traditionnel « Mais où est donc Ornicar ? » est remplacé par le surprenant (du point de vue français) « Mais où est donc Carnior ? ». Un même personnage énigmatique que l’on s’évertue à chercher sans jamais le trouver, et qui a changé de nom à la douane canadienne… Il a sûrement quelque chose à cacher.

Quoi ? Ornicar est un ornithorynque ?!

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Locked-out syndrom

Vous le savez, le Canada est la patrie du hockey. On le vit. On parle de hockey, on y joue, on porte haut les couleurs de son équipe, on y inscrit ses enfants très jeunes, on assiste aux matchs dans les arénas, on les regarde à la télé… Une religion avec des millions de fidèles pratiquants.

Mais depuis la fin de l’été, le Canada est en deuil. Car depuis la fin de l’été, la LNH (ligue nationale de hockey) est en lock-out. Pour ceux qui ne le savent pas, le lock-out est l’équivalent de la grève, sauf qu’ici ce ne sont pas les employés qui arrêtent le travail, ce sont les employeurs. En jeu, le renouvellement de la convention collective (et oui, les joueurs multi-millionnaires sont des travailleurs comme les autres…).

Le déclenchement du lock-out n’a pas tout de suite eu d’effets sur le calendrier de la saison de hockey, mais à mesure que les négociations traînent, les matchs sont annulés les uns après les autres.

Nous voilà fin novembre, dans la 11e semaine du conflit et les tractations sont toujours molles. Dès qu’une proposition est faite par l’AJLNH (association des joueurs de la ligue nationale de hockey), elle est rejetée par les propriétaires des équipes. On rame, on rame. Tout ça pour une histoire de gros (gros) sous -on parle de centaines de millions de dollars.

En attendant ce sont les fans qui trinquent et s’impatientent. Deux options s’offrent à eux, assister à des matchs de la ligue junior majeure (cf. mon article sur les Remparts de Québec), ou à ceux de l’équivalent de la ligue 2 de hockey ; ou bien regarder de vieux matchs mythiques rediffusés à la télé (avec des commentaires actuels sur de vieilles images -cela crée des situations plutôt inédites, comme un présentateur d’une trentaine d’année qui décrit l’action d’une partie qui a eu lieu lorsqu’il avait douze ans !)

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Aux calendes grecques

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Frimaire, pour Novembre.

Cette année on peut dire que le Québec a fait sa petite révolution. Cela m’a inspiré un calendrier à la manière du calendrier révolutionnaire français (utilisé de 1792 à 1806). Ce décompte des mois québécois s’inspire de mon ressenti saison après saison, il n’est donc pas vraiment une référence universelle.

Pour les Québécois qui me suivent et qui ne connaîtraient pas notre beau calendrier républicain, il faut savoir que les mois portaient un nom en rapport avec la météo ou l’avancée des récoltes agricoles (brumaire, pluviôse, ventôse, fleuréal, germinal ou encore thermidor et fructidor).

Voici donc :

Janvier : Neigeôse

Février : Glaciôse

Mars : C’est-pas-demain-que-je-mettrai-ma-jupal

Avril : coucou-les-marmottal

Mai : Range-ta-tuqual

Juin : Orageaire

Juillet : Déshydrator

Août : Donnez-moi-de-l’airor (ces deux mois sont aussi surnommés « Donnez-moi un ventilator »)

Septembre : Belle-vidor

Octobre : Ressors-ta-tuquaire (rappel, tuque = bonnet)

Novembre : N’oublie-pas-tes-gants-quand-tu-attends-le-busôse

Décembre : Nez-rougeôse, aussi appelé Ca-pèlôse !

(Voilà le résultat quand je m’ennuie en attendant le bus :))

Mâcher ses mots ?

Je continue doucement de vous initier à la langue québécoise. Aujourd’hui, la gomme. Encore un fois les Québécois s’attachent à une traduction fidèle de l’anglais. Si on vous propose une gomme, c’est peut-être que avez mauvaise haleine, ou juste amicalement, mais pas forcément que vous avez fait une faute. Même si le mot gomme à effacer est utilisé, la plupart du temps on vous prêtera une efface. Et on la rangera non pas dans une trousse, mais dans un étui à crayon ou mieux, un coffre à crayon. (Oui parce que la trousse, ici, c’est pour les premiers soins, forcément.)

Petite leçon de séduction à la québécoise.

Ici on cruise (drague), et si après avoir séduit quelqu’un on le ramène à la maison, c’est qu’on a pogné. Plus généralement, on dit d’une personne séduisante qu’elle pognera plus qu’une autre. Et puis après on fourre (je ne pense pas avoir besoin de traduire).

Le verbe pogner n’est pas réservé au domaine de la drague, il signifie aussi tout simplement prendre ou attraper. Ex : pogner un rhume.

Parce qu’on en est pas à un près

Paradoxe n°12 : Quand je pense à la France, j’écoute du Céline Dion.

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