Archives Mensuelles: avril 2012

Elle vit sa vie par procuration…

…surtout pendant les élections !

Dimanche je me suis réveillée en sachant que ma voix avait compté. Bizarre cette sensation de n’avoir rien fait, et de savoir pourtant que mon vote était réel.

Je réalise ce plaidoyer pour le vote, pour l’effort électoral, un peu tardivement, mais j’espère que si vous me lisez et que vous avez prévu de fuir la France sous peu (je vous le souhaite), vous penserez à ce bout de papier. La procuration c’est juste le papier le plus facile que j’ai eu à obtenir parmi les dédales administratifs avant mon départ. Un quart d’heure au commissariat de police, quelques blagues sur le tunning dans le Nord de la France avec des agents, et le tour était joué. En plus, on peut choisir pour combien de temps on délègue son pouvoir à une personne de confiance : pour le premier tour, pour les deux, pour un nombre défini de scrutins ou une année complète. Bref, pas d’excuse.

Merci maman pour avoir rallongé mon bras de plus de 5000 kilomètres !

DANS LES FAITS : On compte 7700 personnes inscrites sur les listes électorales du consulat à Québec, et 44 000 à Montréal. Hollande est arrivé en tête à 32% contre 28% pour Sarkozy. Pas sûr que Cheminade ait eu beaucoup de succès. Sans surprise, de l’autre côté de la frontière, aux Etats-Unis, Sarkozy a atteint près de 40%…

On lâche rien pour le deuxième tour !

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Combattre le cliché au quotidien

Dans un monde sans pitié climatique, où le coq gaulois ne survit que par sa capacité de mimétisme avec le caribou, certains coeurs braves ont décidé de redorer le blason de la France, parfois durement piétiné par l’indigène, et de rétablir quelques vérités.

Braveheart à mes heures perdues, j’aime essayer de prouver à l’habitant que le stéréotype du cousin du Vieux continent est dépassé. C’est bien d’essayer.

Mais parfois, je ne peux juste pas lutter. Ma copine Cath’ me l’a rappelé pas plus tard qu’aujourd’hui. Il faut dire que j’ai abordé le sujet des animaux.

-Eh, j’ai vu ma première marmotte du campus l’autre jour !

-Ah.

(Tout de suite se rattraper) – J’en ai déjà vu plein dans les Alpes hein ! C’est juste que sur un campus c’est marrant.

(Trop tard !)

-Ah ouais les Français vous me faites trop rire, j’avais une coloc’ niçoise elle prenait tout le temps les écureuils en photo, et à chaque fois elle me les montrait : « regarde un écureuil, il est trop beau, il mange sa noisette, et celui-là, il est NOIR ! » et je répondais « bah ouais… c’est un écureuil ! »

-Ben quand on est petit on nous apprend qu’un écureuil c’est roux, c’est pour ça…

S’engage alors un petit monologue silencieux. « Surtout, ne pas sortir ton appareil photo qui regorge d’images d’écureuils qui gambadent ou qui boulottent tranquillement. Si on te pose la question, explique que ce n’est pas de ta faute si ton appareil se trouve dans tes mains à chaque fois que les écureuils descendent des arbres, plaide le hasard Hélo ! Si l’objectif les a captés, c’est qu’ils étaient dans le champ, voilà tout. Mais surtout, surtout, ne précise pas combien leur petite queue touffue est chou ! »

Bon, vaincre le cliché de l’ébahi permanent ce sera pour la prochaine fois. Peut-être. (Mais on verra si tu prends pas les kangourous et les koalas en photo en Australie Cath !)

BONUS (non ce ne sont pas des écureuils, juste de beaux arbres)

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La grâce de l’hippopotame

Il n’y a pas que le hockey dans la vie.

Alors j’ai testé pour vous le curling ! Pour vous donner une idée, une semaine après l’initiation, mes genoux sont encore mauves.

Le curling, un sport ça ? Bien sûr que non, vous répondront 99% des gens. Pas qu’un peu, vous assureront les initiés. En passant devant le club Jacques-Cartier de Québec, je n’ai pas pu résister à l’appel de la pierre, pourtant pas philosophale.

Créé en 1807 au Canada et représenté aux Jeux Olympiques depuis 1998, le curling est un sport de précision qui n’a pas pris une ride. Le matériel, entièrement prêté par le club, est simple : des balais (autrefois de vrais balais de paille, aujourd’hui des embouts en mousse condensée), des pierres équipées de poignées et des semelles en plastique (glissantes comme un savon qui s’échapperait de mains mouillées). Le sport est tout aussi élémentaire. Le curling est un des nombreux jeux dont le but est d’envoyer un projectile au coeur d’une cible. Un combiné entre les fléchettes et le bowling, le tout dans un environnement glacé. Mais ici, pas de petit objet volant ou roulant, c’est une pierre de granite poli pesant la bagatelle de 19,96 kilos (précisément) qu’il faut déplacer.

Faire tenir une pierre sur un axe d’une trentaine de mètres relève du domaine du possible, mais en faire de même avec son propre corps est une autre paire de manches. Si on ne lâche pas la poignée assez tôt, le tronc suit le mouvement impulsé. En tentant d’adopter aussi dignement que possible la position du lanceur, je me suis donc retrouvée en grand écart plusieurs fois, fracassant délicatement mes genoux sur la piste au passage. Mais toujours avec le sourire.

Contrairement au patinage, la glace sur laquelle on évolue a l’aspect d’une peau d’orange. Ce sont d’ailleurs les micro-bosses et trous irréguliers qui permettent d’adhérer à la piste sans partir dans le décor à chaque pas. La friction des balais vient réchauffer la glace et permet la formation d’une fine couche d’eau sur laquelle la pierre glisse mieux, plus loin. Ce frottage intensif peut aussi en corriger l’axe, qui à tendance à partir en courbe. Un très bon balayage, réalisé par des experts, peut faire gagner jusqu’à dix mètres. Je n’en suis pas là.

Malgré ce qu’on peut croire, courir après la pierre n’est pas de tout repos. Il faut pouvoir sentir le meilleur moment pour commencer le balayage, aidé par le pressant signal « sweep, sweep ! » de ses coéquipiers, mais surtout suivre la cadence imposée par le projectile en déplacement, et enfin ne pas se mélanger les embouts entre balayeurs. Un balayage efficace, ça s’apprend.

Pourquoi j’ai aimé le curling ? Parce qu’il permet de petits miracles, comme celui de courir sur la glace. Je me suis vite sentie pousser des ailes, croyant défier les lois de l’équilibre. Jusqu’au moment où ma confiance a été trop grande, où la gravité a repris ses droits. Jusqu’au gros boom. La chute ultime qui m’a fait ressentir toutes les parties de mon corps en une fraction de seconde. Je ne suis pas la seule à l’avoir expérimentée.

On pense que nos grand-parents pourraient briller à cette activité sans peine parce qu’on n’a pas l’impression de faire du sport. Le curling est donc une activité parfaite pour ceux qui n’aiment pas suer dans l’effort extrême. Mais gare au lendemain matin, les courbatures étaient au rendez-vous et mes coudes et mes genoux avaient viré mauves. J’ai désormais le plus grand respect pour les joueurs et les joueuses de curling. Chapeau les équilibristes.

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Tarte ta gueule pour le cancer

Il y a des affiches comme ça qui font rêver et qui déplacent des foules. Real/Barca, OM/PSG (je peux bien faire un peu d’humour dans ce blog), ou même Hamilton/Button (F1).

Mais si je vous dis Justin Trudeau et Patrick Brazeau, là tout de suite ça vous évoque moins de choses. C’est pourtant l’affiche sportive qui a attiré du monde devant la télé au Canada ce samedi. Dans le cadre de l’évènement « Fight for the Cure », combat de boxe organisé au profit de la Fondation du cancer de la région d’Ottawa, ces deux politiciens ont mouillé le maillot (ou plutôt saigné du nez dans notre cas) pour lever des fonds.

Sur le ring, un député libéral contre un sénateur conservateur. L’un fils d’un ancien premier ministre canadien (Pierre Elliott Trudeau), 40 ans, beau gosse, tignasse bouclée savamment étudiée, l’autre fan de karaté (oui je sais rien à voir), 37 ans, crinière de poney et petites boucles d’oreilles. Seul point commun, un tatouage sur le biceps gauche.

La politique canadienne ? Un poil plus musclée que la nôtre.

A l’annonce du combat, tout le monde s’était empressé de railler la différence de physionomie des deux bonhommes et beaucoup pensait que Trudeau allait se faire démollir, et pourtant… Il semblerait qu’un peu de technique et d’entraînement soit plus efficace que des gros biscottos. Trois rounds, dans les règles de l’art, avec un arrêt final décrété par l’arbitre. Il aura suffit de quelques crochets bien placés pour que le libéral l’emporte, non sans un petit coup dans les dents de la politique conservatrice fédérale.

Chris Wattie/Reuters

Les deux boxeurs d’un soir s’étaient mutuellement lancé des défis sur Twitter au début du mois et s’étaient entendus pour que le perdant se fasse raser les cheveux et porte un maillot aux couleurs de la formation politique du vainqueur pendant une semaine.

J’essaye d’imaginer ça en France et bizarrement j’ai du mal. Je ne peux pas m’empêcher de mettre Montebourg à la place de Trudeau, mais en face, Raffarin ? Un peu inégal en terme d’âge. Ca marcherait mieux avec Chantal Jouanno, ex-ministre karateka, désormais sénatrice de Paris.

En tout cas, l’initiative est plutôt originale et, s’il y en a qui trouve ça stupide, je pense qu’elle a le mérite de dépoussiérer un peu l’image de la politique. Surtout elle a rapporté beaucoup pour la lutte contre le cancer : 780 places dans la salle, vendue entre 250 et 300 dollars, ça fait une jolie somme. Je vis vraiment dans un drôle de pays.

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